Mystica

Lectures de Sabbata

Mercredi 19 janvier 2011 à 15:12

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/7930192897498.jpg"La Princesse, qui nous a écrit que Germinie l'avait fait vomir, nous attire dans un coin. Elle veut savoir, elle veut connaître, elle est infiniment intriguée que des gens comme nous fassent des livres comme cela. Elle jure ses grands dieux que cette bonne ne lui inspire aucun intérêt et que ce qui la révolte dedans, c'est qu'elle soit condamnée à faire l'amour de la même manière que ces malheureuses." Les Frères Goncourt, Journal

Au cours du XIXe siècle, siècle que l’on attribue au romantisme, on voit naître en France l’écriture sérieuse de la vie du bas peuple. En effet, si vous prenez des auteurs des temps passés, vous vous apercevez qu’ils parlent essentiellement des nobles ou que l’on parle de ces gens d’une façon presque humoristique voire critique. Dans ce roman, les deux frères veulent parler d’une servante, Germinie, d’une façon sérieuse, écrire un vrai roman sur la vraie vie d’une femme de cette condition.

On voit à travers l’écriture ce que ressent le personnage : le respect envers sa maîtresse, l’amour pour Jupillon, un infâme profiteur manipulateur, sans oublier le dégoût que ressent Germinie envers sa propre personne.

Germinie n’a pas une vie facile : violée très jeune, son entourage a préféré se retourner contre elle plutôt que de l’aider à surmonter cette épreuve. Au final, elle ne trouvera du réconfort qu’avec Melle de Varandeuil, son employeur mais aussi quelque part sa plus grande amie.

L’histoire ne montre pas les bons côtés des gens. Bien au contraire, les frères Goncourt ont voulu dans ce roman toute la cruauté humaine en se souciant peu de la classe sociale.

Le roman n’étant pas aussi long que du Proust, je dirai que le lecteur doit être averti avant de le lire : non, ce n’est pas une histoire qui finira par un mariage et beaucoup d’enfants car l’héroïne, même si on peut voir en elle une certaine Cendrillon (à petite dose dans ce cas !), Germinie n’est pas sauvé par son prince mais au contraire aime un homme qui la fait basculer dans la misère totale.

Je recommande donc ce roman à un public « mature », capable d’ouvrir un livre pour la beauté de l’écriture avant tout.

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1/5 Classique

Mercredi 19 janvier 2011 à 14:38

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/commentsedebarrasser.jpgJessica attendait beaucoup de son année de Terminale : indépendance, liberté, fêtes... Elle n'avait certainement pas vu venir Lucius Vladescu ! Adoptée seize ans plus tôt en Roumanie, Jessica découvre avec stupeur qu'elle est fiancée à un prince vampire depuis sa plus tendre enfance, et qu'il a bien l'intention de réclamer sa promise. Séduisant, ténébreux, romantique, Lucius est persuadé que Jessica va lui tomber dans les bras. Malheureusement, la jeune fille a d'autres projets et pas la moindre envie de suivre un inconnu en Roumanie, tout prince vampire qu'il soit.

C’est sans surprise que je ferme le livre avec le sourire aux lèvres et beaucoup de soulagement. L’intrigue est intéressante et les sentiments que possède le lecteur se succèdent à merveille.

Tout d’abord, il y a l’amusement. Voir Jessica essayer désespérément d’échapper à Lucius est bien drôle. Puis il y a l’admiration qui naît pour le jeune vampire roumain. Un adolescent séduisant, cultivé, sophistiqué, dommage que son arrogance soit présent au mauvais moment.  Vient alors une petite pitié pour Jake (bizarrement, on sait dès le début qu'il va souffrir). Mais avec Faith, la colère prend place afin de tout dénigrer : Jessica  pour ne pas avoir dévoilé à temps ses sentiments pour Lucius mais surtout, de ne pas avoir été honnête avec elle-même, Lucius car au final, c’est juste un mâle comme les autres qui teste son charme sur tout ce qui bouge (donc son discours sur, "les formes qui ont des formes sont plus belles" , on y croit pas une seule seconde !) et Faith parce que c’est une sacrée garce, chose que nous savions dès le début. Enfin arrive ce fameux sourire puisque comme beaucoup d’histoires pour jeunes, nous avons affaire à une fin heureuse.

Au final, on ne veut plus se débarrasser de ce vampire car on en tombe amoureuse.

L’histoire m’a beaucoup plu. L’avantage d’une histoire aussi simple est le temps qu’on passe pour le lire : deux jours même pas ! Je le recommande surtout pour se détendre, passer un bon moment avec un livre sans gros enjeu et surtout, pour les grands fans d’histoires romantiques.
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2/15 Imaginaire

 

Mercredi 19 janvier 2011 à 14:07

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/9782080709929FS.gifAprès le fabuleux voyage des Argonautes, Jason prend pour femme celle qui l'a tant aidé dans la conquête de la Toison d'Or : Médée. De sang royal mais d'origine barbare, elle restera toujours l'Etrangère à Corinthe. Est-ce la raison qui pousse Jason, dix ans plus tard, à rompre l'alliance, pour une autre bien plus avantageuse ? Le roi Créon lui offre sa fille... Outragée, délaissée avec ses deux fils, Médée est prête à tout. Rien n'arrêtera sa violence, et son intelligence redoutable sera au service de la pire cruauté...

Médée, épouse de Jason, se voit exiler pour sorcellerie. Jason, quant à lui, est en pleine noce avec une autre femme. Parce qu’elle souffre de cette double punition, Médée demande à Créon d’embrasser une dernière fois ses fils. Son plan diabolique se met alors en place pour se venger.

Sénèque est u auteur latin du Ier siècle av. JC, connu pour ses héros tragiques monstrueux. En effet, Médée est une femme abandonnée qui doit à son tour abandonner ses enfants. C’est pourquoi, pour voir souffrir l’homme qu’elle a aimé mais qui a préféré une autre, elle décide de mettre en place sa vengeance : tuer le fruit de leur amour passé.

Dans cette pièce, Sénèque reprend un mythe grec et innove avec les pensées de son temps. Fini la catharsis d’Aristote, on doit montrer quelque chose de grandiose afin de retenir le spectateur. C’est pourquoi, nous lisons une pièce qui décrit chaque mouvement afin, lors des représentations, d’avoir un contact visuel et auditif, notamment à cause des masques que portaient les acteurs, des masques neutres, ainsi que le lieu qui pouvaient accueillir 30000 personnes.

Malgré son côté « gore », j’ai adoré relire cette pièce qui nous montre un personnage monstrueux, mais finalement humain. Certes, tuer sa progéniture est un crime en soi, mais le comportement de Jason est également à dénigrer, chose que nous n’aurions pas pu faire pendant l’Antiquité. Parce qu’il n’y a pas que le visuel qui peut vous faire frémir, je recommande cette pièce déjà pour l’histoire qui n’est pas banale, puis aussi pour la culture qu’elle apporte.


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1/1 Pièce de Théâtre

Lundi 17 janvier 2011 à 15:56

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/9782918719038FS.gifVoilà une fresque pleine de souffle et d’émotion, en cette aube du XIIIème siècle, celui d’un parcours extraordinaire, celui d’Enora, une simple paysanne orpheline, qui depuis son enfance, porte le poids d’une terrible prophétie.
Comme des enluminures: la pourpre et l’acier des chevaliers, l’envoûtante et mystérieuse Bretagne des Légendes, le ferraillement des tournois et des guerres féodales… suivez ces destins enchevêtrés dont Enora tient les fils.


La narratrice est la jeune Enora, 12 ans, orpheline recueilli dans le bas peuple d’un hameau breton au Moyen-âge. Fascinée par la nature, nous avons affaire à un personnage au cœur pur, à une âme innocente (peut-être est-ce un peu le cas de l’auteur ?) qui malgré elle, se retrouve au cœur d’une prophétie remontant au mythe d’Adam et Eve.

La religion côtoie ici la superstition, les vieilles traditions, sans mettre mal à l'aise le lecteur. Quant à l'histoire, elle semble digne d'un conte arthurien basé sur une douce damoiselle. Le personnage principale ne possède que de bons côtés, a encore l’innocence d’une enfant, mais est très vite conduite dans un monde d’adulte, un monde de brutes où le mal atteint surtout le mental. Ce contraste permet au lecteur de se concentrer sur Enora et de l’apprécier pour ce qu’elle est et sans doute apprécier ce qu’elle a que nous avons perdu : sa part d’enfant innocent qui voit la bonté dans un monde malade.

Le style d’écriture est unique, on reconnait bien le style de Céline Guillaume si on a lu La Litanie des Anges ou même  Le Serment de Cassandra. Les descriptions sont en liens avec le paysage mais aussi les sentiments de la narratrice.

Un genre unique, ce livre m’a emporté vers un autre temps, c’est agréable pour une fois de lire un auteur connu pour son amour de la féérie et non pour une adoration envers le vampire, personnage qui fascine notre génération actuelle. En plus de lire une histoire passionnante, nous pouvons dire que nous redécouvrons une langue française bien écrite, nous voyons enfin la noblesse que possède notre langue, chose qu’on ne voit plus chez certains auteurs de notre époque.

Lire Le Ballet des Ames, c’est tout simplement éveiller votre imagination.

Lien du livre aux éditions du Riez : www.editionsduriez.fr/51.html


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1/15 Imaginaire

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