Mystica

Lectures de Sabbata

Lundi 26 août 2013 à 15:47

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/Demainjarrete.jpg"Comme tout le monde, Julie a fait beaucoup de trucs stupides. Elle pourrait raconter la fois où elle a enfilé un pull en dévalant des escaliers, celle où elle a tenté de réparer une prise électrique en tenant les fils entre ses dents, ou encore son obsession pour le nouveau voisin qu'elle n'a pourtant jamais vu, obsession qui lui a valu de se coincer la main dans sa boîte aux lettres en espionnant un mystérieux courrier... Mais tout cela n'est rien, absolument rien, à côté des choses insensées qu'elle va tenter pour approcher cet homme dont elle veut désormais percer le secret. Poussée par une inventivité débridée, à la fois intriguée et attirée par cet inconnu à côté duquel elle vit mais dont elle ignore tout, Julie va prendre des risques toujours plus délirants, jusqu'à pouvoir enfin trouver la réponse à cette question qui révèle tellement : pour qui avons-nous fait le truc le plus idiot de notre vie ?"

Je comprends enfin pourquoi ce livre a eu autant de succès. Regardons de plus près l’histoire : Julie, une jeune femme comme les autres, qui s’attire les pires épreuves à cause de sa curiosité et de sa détermination. De là, elle rencontre son nouveau voisin, plus canon que son nom de famille, change de voie professionnel, détruit son ordinateur, monte des plans tordus tantôt pour aider un ami, tantôt pour « voler » un objet dans un musée. Tout ça depuis sa rencontre avec Ric, ce charmant voisin qui semble cacher des choses.

Loin des livres que je lis d’habitude, ce roman est rafraichissant, donne de la bonne humeur aux lecteurs. On veut rire à chaque page, l’auteur arrive à introduire des idées très drôles qui laissent échapper un sourire. Petit conseil : ne le lisez pas dans un lieu public si vous avez peur de ne pas pouvoir contrôler votre fou rire. Il y a aussi des moments tendres et quelques passages tristes (enfin, un surtout) mais on retient essentiellement la gaieté de l’histoire.

Julie est un personnage attachant chez qui chaque lectrice peut se retrouver par ses expériences, ses pensées ou même ses actes. Elle nous paraît si proche qu’on en oublie parfois que c’est un homme qui a écrit l’histoire, même si on remarque de temps en temps quelques clichés. L’héroïne est le genre de personne que l’on voudrait bien avoir comme amie car elle promet un bout de vie très palpitant.

Quant à Ric… que dire ? Il est si secret et sa description est telle qu’il nous séduit malgré nous. Il semble être parfait, ou presque, et c’est ce « presque » qui nous attire, cette particularité qu’on ne connait pas, mais qui demande toute notre attention.

Plusieurs fois, la référence à des chats va revenir, ce qui est en parfaite harmonie avec la couverture que j’aime regarder avant d’ouvrir le livre pour continuer ma lecture. Ce fut donc une très bonne surprise. C’est un roman sans prise de tête, rempli d’humour, qui nous aide à passer un très bon moment de lecture.

Jeudi 15 août 2013 à 13:25

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/Lejeudelombre.jpg"Mais que pouvait bien chercher Malko Swann Une overdose d'adrénaline, la sensation ultime, le sentiment de liberté ? Pourquoi roulait-il aussi vite en pleine nuit sur une route de campagne étroite et sinueuse jusqu'à faire une chute de trente mètres en bas du pont du Diable ? Atteint d'un traumatisme inexplicable, le musicien est désormais incapable d'entendre la musique. Mais il ne s'agit que du début de sa déchéance. Dans l'ombre, quelqu'un l'observe... quelqu'un qui veut jouer avec lui. Un jeu a goût de sang... Il s'engage alors dans un combat désespéré. L'art singulier du suspense de Sire Cédric, sa fascination du vertige et son plaisir manifeste à manipuler le lecteur donnent à ce roman une saveur particulière : l'envie de sympathiser, le temps d'un livre, avec ceux qui sont tombés dans l'obscurité du mal."

Ne connaissant de cet auteur qu’une nouvelle publiée aux Editions du Riez, ce fut avec plaisir que je me plongeai dans ce roman dont l’histoire vous envoute dès les premières lignes. On suit alternativement deux personnages : celui de Malko Swann, musicien qui ne peut plus entendre de musique après un accident de voiture, et celui d’Alexandre Vauvert, enquêteur surchargé depuis la découverte de corps féminins enveloppées dans du film plastique.

C’est un roman sombre, mystérieux, qui entraîne le lecteur là où il ne s’attend pas. Les rebondissements sont surprenants et arrivent progressivement, l’auteur arrive à contrôler le suspense et nous surprend agréablement. C’est tellement bien écrit au niveau de l’intrigue, des descriptions, que l’on a l’impression de voir un film. On imagine sans problème la caméra qui fixerait un plan en particulier, jusqu’à la révélation finale.

C’est un mélange entre le polar, le fantastique. Il y a du suspense, parfois de l’horreur. Le sang est maître, le diable guette pas loin des événements. La fin est brutale mais en même temps, elle est censée, et une certaine bienveillance est là, comme s’il a fallu affronter l’ombre pour retrouver la lumière.

On ne s’ennuie pas une seconde car il n’y a pas de temps mort. J’ai du mal à voir une faille dans cette histoire, Sire Cédric est tout bonnement génial et maîtrise son œuvre du début à la fin. J’ai un autre roman de cet auteur dans ma bibliothèque qui m’attend patiemment et le mois d’août n’est pas encore fini.


Dimanche 11 août 2013 à 14:26

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/heijmansenmer.jpg"Las du quotidien de sa vie de bureau, Donald décide de partir naviguer seul pendant trois mois en mer du Nord. Maria, sa fille de sept ans, le rejoint pour la dernière étape qui doit les ramener du Danemark aux Pays-Bas, où ils retrouveront sa femme. Mer étale, complicité entre le père et la fille: la traversée s’annonce idyllique. Mais rapidement, les nuages noirs se profilent à l’horizon, et Donald semble de plus en plus tourmenté. Jusqu’à cette nuit cauchemardesque où Maria disparaît du bateau alors que la tempête éclate..."

Une belle histoire peut se manifester de différentes manières : par les personnages, qui savent jouer avec nos émotions, l’intrigue, qui se montre parfois surréaliste, exagérée, ou d’une simplicité enfantine. L’écrivain peut aussi combiner les différents procédés afin de nous surprendre. Pour ce roman, je dirai que c’est dans son écriture même, bien qu’ici, nous avons affaire à une traduction. Néanmoins, le roman est très beau, bien écrit et l’histoire, malgré sa simplicité, peut plaire à de nombreux lecteurs.

Un homme en mer, qui se bat contre l’élément pour arriver à bon port et revoir sa femme, voilà de quoi il est question. Il est accompagné de sa fille, qui prend une grande place dans sa vie, physiquement ou spirituellement parlant, dans ce roman, si bien que la mer ne peut gagner, car la force de ce marin réside dans son amour pour son enfant. Maria arrive à lui donner toute la force nécessaire pour survivre, gagner ce combat inégal. C’est elle la clé du roman.

Petit livre, c’est une histoire touchante, dont la langue est mise en valeur et donne une dimension poétique à l’œuvre. Il faut prendre le temps d’écouter cette musicalité, imaginer en arrière fond le son de la mer, des vagues qui cognent contre le voilier, de l’homme qui hisse la voile et cherche à se stabiliser pour mieux avancer plus tard.

De toutes mes récentes lectures, celle-ci est sans doute celle que j’offrirai avec plaisir à mes proches, car ce roman est un bijou de la littérature. Il sort le 29 août 2013 dans les librairies. A ne pas manquer !



Mardi 6 août 2013 à 18:10

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/riez22.jpg"Cœurs de loups, ce sont seize auteurs décidés à unir leurs voix dans une anthologie. Seize auteurs décidés à abolir les frontières, et brouiller les origines. Avec eux, les loups deviennent hommes et les hommes choisissent les loups, les loups content un nouveau monde, ou l’ancien qu’ils ont aimé, les fourrures et les peaux se mêlent pour créer un chant, un chant d’espoir et de cœur, pour les loups et les autres grands prédateurs.
Un livre édité en partenariat avec FERUS.
2 euros par exemplaire vendu seront reversés à l’association
."


 

Le thème de ce recueil ne pouvait que m’intéresser, mais c’est sans compter le but de FERUS, association en partenariat ici avec les éditions du Riez, qui veut avant tout protéger les rares loups de France que la race humaine veut éradiquer. C’est pourquoi, 2€ sont reversés à l’association et la garantie de passer un agréable moment de lecture est assurée par la qualité des textes proposés.

 

Ce serait ici dommage de faire un avis sur chaque nouvelle, car j’ai lu le recueil dans son ensemble, sans m’arrêter puisque ce fut pour moi impossible de le lâcher une fois plongée dedans. Seize nouvelles, plus belles les unes que les autres, m’ont permis pendant un moment de prendre le parti du loup, de le suivre, de le comprendre, parfois de l’aimer.

Seize auteurs que l’on peut découvrir ou retrouver, certains retiennent davantage notre attention. Bien que j’ai aimé toutes les nouvelles, certaines m’ont plus marquée, notamment celle de Marika Gallman, connue pour sa série Maeve Reagan, car sa nouvelle, tragique, m’a émue, elle parle des limites fixées par l’esprit que l’on peut dépasser par amour, et cette nouvelle et tout simplement magnifique.

Chaque nouvelle a son essence. L’une d’elle ressemble à de la poésie contemporaine sans ponctuation, à la Apollinaire mais en plus agréable, et donne un sens à la parole du loup, un autre poème montre bien la furtivité de cet animal grâce à sa typographie, rendant l’écriture presque sauvage.

Les nouvelles montrent le loup comme héros ou victime, selon l’angle que choisit l’auteur, toujours en rivalité avec l’Homme, mais certaines montrent la possibilité de coexistence entre les deux espèces, nous faisant partager un moment plein de sagesse.

C’est donc un très bel hommage que ce recueil fait au loup, animal qui fascine malgré des siècles de croyances occultes, où la religion montre le loup comme diabolique à cause de sa bestialité prononcé. Ce livre plaira aux amoureux de ce mammifère, mais aussi aux amateurs de belles histoires.

 

Vendredi 2 août 2013 à 19:20

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/9782221122907.jpg"1937. La mort de son mari l’ayant laissée sans revenus, Simone Sauvelle accepte de quitter Paris pour occuper un emploi de secrétaire particulière en Normandie. Lazare Jann, son employeur, est un génial inventeur de jouets. Il vit dans une immense propriété en compagnie de sa femme, très malade, qui n’a pas quitté son lit depuis vingt ans. Passionnément amoureux d’elle, il la soigne personnellement. Simone Sauvelle, sa fille Irène, quinze ans, et Dorian, son jeune fils, sont immédiatement séduits par la grande gentillesse de Lazarus. Ils tombent aussi sous le charme de Cravenmoore, son extraordinaire demeure. Hannah, la jeune domestique de Lazarus, devient vite l’amie d’Irène, à laquelle elle présente Ismaël, son beau cousin. Et très naturellement les deux adolescents tombent amoureux l’un de l’autre, tandis qu’une douce amitié rapproche Lazarus et Simone. C’est alors qu’une force criminelle prend possession de Cravenmoore, comme si l’amour et l’affection lui étaient insupportables. Pourquoi manifeste-t-elle tant de jalousie et de haine ? Et quelles sont ses motivations ? En trouvant dans un phare abandonné le journal intime d’une jeune femme disparue des années auparavant, Irène et Ismaël percent peu à peu le mystère de cette force désespérée."

Décidemment, cet auteur me surprendra encore, peu importe le livre que je lirai de lui. J’avais déjà bien aimé les deux tomes précédents, avec une préférence pour le deuxième, mais celui-ci sera définitivement mon préféré. Son écriture s’améliore de livre en livre, l’intrigue ici est donc plus complexe. On le sait qu’on nous cache quelque chose, que le fin mot de l’histoire ne sera su qu’au tout dernier moment, mais on est surpris par la tournure des événements.

On se concentre comme dans les autres tomes sur très peu de personnages, ce qui permet de mieux les connaitre et de mieux les comprendre. Chacun est important pour l’histoire, on veut les suivre jusqu’au bout et on souhaite les retrouver sains et saufs.

L’univers reste le même, mais c’est certainement une trilogie pour le thème commun et non pas des personnages communs. Ainsi, on retrouve le thème du miroir à la Dorian Grey avec ce double diabolique sorti du corps humain pour donner libre court à sa cruauté, le feu prend une place très importante avec l’obscurité, il y a le pacte inavouable avec le malin… des ingrédients qui permettent de relier les romans entre eux.

 L’histoire est touchante. On ne sait pas en lisant les premières lignes que l’histoire nous passionnerait autant, et pourtant, une fois le nez plongé dedans, il est difficile d’en ressortir. Le bilan concernant cet auteur est donc plutôt optimiste.

Il m’aura fallu du temps pour le lire, mais au final, je ne regrette pas d’avoir pris cette trilogie. La plume de l’auteur est juste incroyable, et si c’est toujours de mieux en mieux, je n’imagine pas ce que peut donner ses derniers romans. Bien entendu, cette trilogie fait partie de la littérature de jeunesse, certains lecteurs peuvent donc trouver ces livres un peu trop naïfs, pas assez adulte, pourtant, c’est le genre de roman que l’on peut apprécier, peu importe sa classification. Lecture conseillée pour les amoureux des belles histoires avec une touche de fantastique.

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