Mystica

Lectures de Sabbata

Dimanche 30 janvier 2011 à 16:50

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Le jour de son arrestation, K. ouvre la porte de sa chambre pour s'informer de son petit-déjeuner et amorce ainsi une dynamique du questionnement qui s'appuie, tout au long du roman, sur cette métaphore de la porte. Accusé d'une faute qu'il ignore par des juges qu'il ne voit jamais et conformément à des lois que personne ne peut lui enseigner, il va pousser un nombre ahurissant de portes pour tenter de démêler la situation. À mesure que le procès prend de l'ampleur dans sa vie, chaque porte ouverte constitue une fermeture plus aliénante sur le monde de la procédure judiciaire, véritable source d'enfermement et de claustrophobie. L'instruction suit son cours sur environ un an durant lequel l'absence d'événements est vue uniquement à travers les yeux de K. Sa lucidité, dérisoire et inutile jusqu'à la fin, contrairement à celle du héros de La Métamorphose, n'apporte aucun soulagement. Le Procès, pièce charnière dans l'oeuvre de ce génie de l'absurde, renonce au ressort du surnaturel pour évoquer l'angoisse de l'obsession.

Œuvre inachevée, Le Procès a été publié après la mort de Kafka, atteint d’une tuberculose. L’histoire, qui paraît banale, possède une richesse au niveau de l’écriture. Certes, ne parlant pas allemand, je me base pour ma critique sur la traduction française de Georges-Arthur Goldschmidt.

Joseph K., le personnage principal, peut semble déroutant, être un imbécile à accepter d’être accusé d’un crime dont personne ne sait la cause. Le thème de la loi mais aussi de l’administration sont très présents dans cette œuvre. Chaque personnage a un rapport avec le procès de Joseph K., que ce soit le peintre Torelli ou le prêtre de la cathédrale.

Pas facile à lire, il faut pourtant se forcer à finir le roman pour essayer de comprendre l’histoire. Comme c’est une œuvre dite inachevée, on peut penser que le dernier chapitre pouvait être n’importe où dans le roman, comme au début par exemple, car Kafka a introduit le domaine du rêve, de l’imaginaire, de la bestialité, l’homme a l’état naturel qui ne pense pas mais agit comme un animal.

Personnellement, j’ai aimé cette œuvre car j’aime ce qui sort de l’ordinaire et Kafka est le maître pour mettre le lecteur mal à l’aise, faire en sorte qu’il se pose des questions. Pourtant, l’œuvre ne doit pas être lue par force, mais par envie de découvrir autre chose que votre lecture personnelle.
http://mystica.cowblog.fr/images/Divers/logovsabfa2.jpg3/5 Classique

Dimanche 30 janvier 2011 à 16:07

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/satiricon.jpgLe Satiricon, on le sait, décrit les vagabondages de trois jeunes viveurs au temps de Néron. Encolpe a été frappé d'impuissance par le dieu Priape qui n'a pas ménagé ses largesses à son ami Ascylte, étymologiquement " l'Infatigable ". En compagnie du jeune Giton dont la grâce adolescente éveille plus d'une convoitise, ils nous font découvrir les extravagances d'une humanité menée par le plaisir, vivant chaque jour comme s'il devait être le dernier. Mais l'élégant épicurisme de Pétrone, probable familier du Prince, arbitre de ses plaisirs avouables, préserve cette fête sensuelle de la démesure et fait de cette œuvre énigmatique en dépit de sa notoriété le premier vrai roman de la tradition occidentale.

Avant de commencer la critique de ce livre, je demande aux personnes mineures et à ceux qui ont des problèmes avec les déclarations physiques entre au moins deux personnes de passer leur chemin car ce livre n’est pas pour vous !

Pétrone est un auteur latin connu pour cette œuvre qui a deux sens, c’est pourquoi, on trouve parfois son œuvre nommée ainsi : Le Satyricon. L’auteur a voulu jouer avec les mots en utilisant « satire » (œuvre avec l’objectif de critiquer quelque chose), et « satyre » (créature qu’on associe avec le dieu Dionysos et parfois Pan). D’ordre festif, j’imagine que je n’ai pas besoin d’expliquer ce qui se passe après un grand festin pendant l’époque romaine…

Cette œuvre connaît les deux aspects, tout est critiqué, le concept d’amour, l’argent, la noblesse, l’épopée (Pétrone s’amuse à parodier Homère avec Ascylte qui cache son mignon Giton sous le lit comme Ulysse se cachait sous les moutons du Cyclope pour sauver sa vie. Mais il y a également une grande place pour les festins trop grandioses et la grande présence du sexe (lisez-le et vous saurez pourquoi je dis ça).

En bref, cette œuvre, plutôt cru selon certains aspects, est une œuvre qu’on peut qualifier de drôle à notre époque mais possède un aspect pornographique qui pourrait gêner les plus sensible d’entre nous.

C’est pourquoi, je recommande vraiment ce roman à un public adulte, non pas pour la langue (c’est du latin traduit dans un français facile), mais pour le continu.

Si cela peut vous aider à mieux me comprendre, je pense qu’Anita Blake, l’héroïne de Laurell K. Hamilton, est bien sage à côté.
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2/5 Classique

Jeudi 20 janvier 2011 à 16:07

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En 1888, un groupe de six intrépides a réussi à détruire Dracula aux portes de son château de Transylvanie. Vingt-cinq ans plus tard, ils se sont dispersés mais le souvenir de cette périlleuse aventure où l’un d’eux a laissé sa vie les poursuit. Combat quasi mystique contre les forces du mal, vengeance d’amoureux endeuillés ou inextinguible jalousie : les raisons mêlées de leur acte continuent de perturber leur existence et la disparition du prince des ténèbres n’a pas apaisé leurs tourments. Une mort inexpliquée devant un théâtre parisien et un deuxième assassinat d’une effroyable cruauté au cœur de Londres vont réveiller la peur. Du Quartier latin à Piccadilly Circus, l’ombre de Dracula semble à nouveau planer… Les héros d’autrefois devront faire face à un ennemi insaisissable aux attaques sournoises ou d’une violence inouïe, mais aussi à leurs propres démons. De quoi brouiller les pistes et troubler les esprits, dans une intrigue menée avec maestria qui ressuscite le fantasme et la malédiction de l’immortalité.
C’est pour moi une grande surprise, mais peut-être pas entièrement bonne. Quand on voit les nombreux essais après le Dracula original, ce livre peut être une bonne surprise. Drake Stoker a voulu rendre hommage à son ancêtre, redorer le blason de sa famille et l’histoire est intéressante. Pourtant, quelque chose me gêne dans cette histoire.

L’histoire se passe 25 ans plus tard. Tout le monde a vieilli sauf Mina (déjà, si ce n’est pas un indice !), puis il y a des morts, un roumain acteur qui défend Dracula (là aussi, ce n’est déjà pas suspect). Bref, tous les éléments sont mis pour nous diriger vers une fin logique.

Ce qui est bien dans ce roman, c’est l’enquête sur Jack l’Eventreur. Un homme qui tue des prostitués mais qu’on n’a jamais pu arrêter. Mais est-ce réellement un homme ? Quel est le but de ces manœuvres ?

Introduire le personnage de la Comtesse Báthory fut également une bonne idée.  Ce personnage semble cacher quelque chose, on en apprend alors plus sur son passé, ce qu’elle souhaite, pourquoi elle agit ainsi.

Maintenant, consacrons un peu de temps sur l’écriture. Le roman de Bram Stoker avait plusieurs narrateurs qui écrivaient tous dans un journal. Ici, pas de journal. Le narrateur est extérieur de l’histoire, il y a des dialogues, les personnages ne sont pas exactement les mêmes, comme si les mœurs avaient changé (Jonathan aurait-il vraiment souhaité faire chambre à part ? Mina aurait-elle vraiment consommé ses noces avec un autre ? Ne voit-on pas ici une histoire d’amour du film de Coppola ? Une sorte de réponse ?).

Comme j’écris cet avis juste après avoir fermé le livre, je ne suis pas sûre que mon avis soit objectif. Je préfère en général attendre une heure ou deux mais l’idée d’écrire une critique à cœur ouvert était tentante.

Je dirai pourtant que ce livre m’a fait passer un bon moment. C’est bien écrit, l’histoire tient la route, la situation finale est peut-être un peu trop grosse à mon goût mais ainsi, je ne pense pas qu’une suite sera possible et se serait tant mieux. J’ai bien aimé par contre l’hommage rendu à Bram Stoker en l’incorporant dans l’histoire.

Si je devais le conseiller à des gens, je dirais aux amateurs de vampires et aux grands lecteurs en général.

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3/15 Imaginaire

Mercredi 19 janvier 2011 à 15:12

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/7930192897498.jpg"La Princesse, qui nous a écrit que Germinie l'avait fait vomir, nous attire dans un coin. Elle veut savoir, elle veut connaître, elle est infiniment intriguée que des gens comme nous fassent des livres comme cela. Elle jure ses grands dieux que cette bonne ne lui inspire aucun intérêt et que ce qui la révolte dedans, c'est qu'elle soit condamnée à faire l'amour de la même manière que ces malheureuses." Les Frères Goncourt, Journal

Au cours du XIXe siècle, siècle que l’on attribue au romantisme, on voit naître en France l’écriture sérieuse de la vie du bas peuple. En effet, si vous prenez des auteurs des temps passés, vous vous apercevez qu’ils parlent essentiellement des nobles ou que l’on parle de ces gens d’une façon presque humoristique voire critique. Dans ce roman, les deux frères veulent parler d’une servante, Germinie, d’une façon sérieuse, écrire un vrai roman sur la vraie vie d’une femme de cette condition.

On voit à travers l’écriture ce que ressent le personnage : le respect envers sa maîtresse, l’amour pour Jupillon, un infâme profiteur manipulateur, sans oublier le dégoût que ressent Germinie envers sa propre personne.

Germinie n’a pas une vie facile : violée très jeune, son entourage a préféré se retourner contre elle plutôt que de l’aider à surmonter cette épreuve. Au final, elle ne trouvera du réconfort qu’avec Melle de Varandeuil, son employeur mais aussi quelque part sa plus grande amie.

L’histoire ne montre pas les bons côtés des gens. Bien au contraire, les frères Goncourt ont voulu dans ce roman toute la cruauté humaine en se souciant peu de la classe sociale.

Le roman n’étant pas aussi long que du Proust, je dirai que le lecteur doit être averti avant de le lire : non, ce n’est pas une histoire qui finira par un mariage et beaucoup d’enfants car l’héroïne, même si on peut voir en elle une certaine Cendrillon (à petite dose dans ce cas !), Germinie n’est pas sauvé par son prince mais au contraire aime un homme qui la fait basculer dans la misère totale.

Je recommande donc ce roman à un public « mature », capable d’ouvrir un livre pour la beauté de l’écriture avant tout.

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1/5 Classique

Mercredi 19 janvier 2011 à 14:38

http://mystica.cowblog.fr/images/Lectures20102013/commentsedebarrasser.jpgJessica attendait beaucoup de son année de Terminale : indépendance, liberté, fêtes... Elle n'avait certainement pas vu venir Lucius Vladescu ! Adoptée seize ans plus tôt en Roumanie, Jessica découvre avec stupeur qu'elle est fiancée à un prince vampire depuis sa plus tendre enfance, et qu'il a bien l'intention de réclamer sa promise. Séduisant, ténébreux, romantique, Lucius est persuadé que Jessica va lui tomber dans les bras. Malheureusement, la jeune fille a d'autres projets et pas la moindre envie de suivre un inconnu en Roumanie, tout prince vampire qu'il soit.

C’est sans surprise que je ferme le livre avec le sourire aux lèvres et beaucoup de soulagement. L’intrigue est intéressante et les sentiments que possède le lecteur se succèdent à merveille.

Tout d’abord, il y a l’amusement. Voir Jessica essayer désespérément d’échapper à Lucius est bien drôle. Puis il y a l’admiration qui naît pour le jeune vampire roumain. Un adolescent séduisant, cultivé, sophistiqué, dommage que son arrogance soit présent au mauvais moment.  Vient alors une petite pitié pour Jake (bizarrement, on sait dès le début qu'il va souffrir). Mais avec Faith, la colère prend place afin de tout dénigrer : Jessica  pour ne pas avoir dévoilé à temps ses sentiments pour Lucius mais surtout, de ne pas avoir été honnête avec elle-même, Lucius car au final, c’est juste un mâle comme les autres qui teste son charme sur tout ce qui bouge (donc son discours sur, "les formes qui ont des formes sont plus belles" , on y croit pas une seule seconde !) et Faith parce que c’est une sacrée garce, chose que nous savions dès le début. Enfin arrive ce fameux sourire puisque comme beaucoup d’histoires pour jeunes, nous avons affaire à une fin heureuse.

Au final, on ne veut plus se débarrasser de ce vampire car on en tombe amoureuse.

L’histoire m’a beaucoup plu. L’avantage d’une histoire aussi simple est le temps qu’on passe pour le lire : deux jours même pas ! Je le recommande surtout pour se détendre, passer un bon moment avec un livre sans gros enjeu et surtout, pour les grands fans d’histoires romantiques.
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2/15 Imaginaire

 

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